La vie devant moi

Quelques pills pour dormir, je sais plus où je suis ...

Vendredi 21 Mars 2008 à 12h01

J'ai arrêté les somnifères ...

J'aurai pas dû ... Je me rends compte qu'on est vendredi et que je n'ai pas encore passé une nuit toute seule . Lundi dernier, Emilie a dormi là après une soirée passée à se noyer dans la fumée des Marlboros. Mardi j'étais encore soûle et j'ai pas pu dormir,notamment parce que j'avais peur qu'Alexandre, qui vomissait dans mes toilettes, se sente encore plus mal ... Mercredi, Laura était là, c'est peut être la journée la plus saine de la semaine, après une soirée entre nanas autour de jus de fruits, on est rentrées chez moi ( elle habite trèèès loin du centre ville ... ) et je me suis verni les ongles de pieds en fredonnant Joan Baez . Hier soir, j'ai encore dégénéré : Soirée chez un type de la fac, les garçons avaient apporté de cette boisson ignoble typique des pires beaufs et Emilie et moi avons torché la bouteille ... J'étais pétée à vingt deux heures, c'était vraiment, vraiment glauque, on s'est retrouvées, nous, les deux seules filles du groupe, à s'embrasser ( Dieu merci, pas à pleine bouche !! ) et à demander à toutes les autres personnes présentes ( des mecs, une moyenne d'âge de 22 ans, à tout casser ! ) si nous étions VRAIMENT des filles belles et cool ...

Le retour a été vraiment douloureux pour moi : je faisais un bad trip , une sorte de crise de manque de ma dope habituelle ( j'ai toujours pris un demi Lexo pour me détendre avant une soirée : du coup, je ne buvais pas pour éviter le carnage et je tenais super bien la route ) couplée d'une ivresse impossible ... On titubait dans la rue, je hurlais à Alexandre de ranger cette bouteille de rhum et de ne pas boire dans la rue parce que j'étais déjà fichée ( j'ai un peu déconné à l'âge de 15 ans, une histoire de CRS et de canette de bière atterissant sur un casque pendant une manif' ) et que mon père était venu me chercher en garde à vue en me trainant par les cheveux ( je les avais très, très longs à l'époque ... Pas encore coupés à la Louise Brooks ).

J'avais peur de me retrouver seule tout à coup,dans ce quartier totalement inconnu, mais en même temps, j'aurai voulu l'être et marcher tête haute malgré l'alcool et la tristesse, soudain ... J'aurai voulu que les garçons aient la dignité de ne pas gueuler et accoster les passants, qu'A. arrête de chanter de la chanson française et que quelqu'un entende les trucs abjects qui me passaient par la tête : j'étais dans le Dahlia Noir de James Ellroy, j'allais finir découpée moi aussi, j'étais une vamp, noire, toute noire intérieur-extérieur ... Mal être absolu, j'ai réussi à le surmonter quand je me suis rendue compte qu'Alexandre devenait vraiment emmerdant dans son ivresse et que les autres garçons ( ils me raccompagnaient chez moi ) marchaient loin devant car ils refusaient d'avoir à le supporter plus longtemps. Chris m'a même dit " Merde, Haslee, c'est ton mec, tu t'en charge ! " Merci ... Alors je l'ai attrapé par la manche en essayant de le faire taire ( échec lamentable ...) et j'ai continué à avancer en gardant les autres en vue . A un moment, j'ai dérapé et je me suis affalée sur le trottoir, pile sur le pont au-dessus du fleuve, je me souviens avoir émis un truc qui ressemblais à un sanglot et j'ai cru pendant un instant qu'il faudrait un tractopelle pour me relever . Mais non, je me suis relevée, j'ai épousseté mon pantalon et on est repartis . Alexandre avait son rire sur-aigüe de quand il a bu, j'en pouvais plus, mais j'avais encore envie de chanter " Idées noires " de Lavilliers, je ne m'étais jamais trouvée aussi glauque ...

Finalement, les choses que je refoule ont toujours une résonance énorme sur mes actes conscients ... Et je ne sais toujours pas écrire . A croire qu'il n'y a plus ni fluidité ni fluide tout court dans mes propos .

Je vais dormir une heure ou deux ...